Critique de Deadpool

L'univers de Marvel n'a pas fini de courber l'espace-temps, si les films possèdent leurs propres Time-Line, seuls quelques jets auront suffi aux scénaristes pour proposer un retournement temporel. Avec Days of Future Past, le mariage est consommé. Deadpool sera donc rebooté et les histoires de Wolverine n'intéressent plus personne (Deadpool apparaissait dans le film : Wolverine Origins). Ainsi notre antihéros fraichement sorti de son œuf trouvera dans cette nouvelle mouture des débuts plutôt gentillets.

Attention, cette critique contient de nombreux Spoilers, si vous n'avez pas vu le film, ne continuez pas à lire ou contentez-vous du dernier paragraphe qui résume l'avis global.

Deadpool, un mec sympa finalement

Aux antipodes de l'extrême violence du héros d'origine et de son passé trouble comme mercenaire sans foi ni loi, Deadpool adopte un tout autre ton dans ce reboot. Toujours mercenaire, ce dernier fera la connaissance de sa douce accoudée au bar du coin. Après quelques bisous crapuleux, il sera finalement diagnostiqué cancéreux et finira par accepter d'être le cobaye d'une expérience qui peut lui sauver la vie, afin de pouvoir retrouver sa compagne et vivre des jours heureux. L'occasion pour lui de guérir, de récupérer des pouvoirs de régénération ainsi qu'une déformation structurelle en prime. Résultat, notre héros refusera de retrouver sa belle, hanté par l'idée qu'elle puisse lui reprocher un délit de sale-gueule. Il se mettra donc en quête du scientifique fou lui ayant promis mont et merveille pour réparer cette injustice et empêcher par la même occasion que d'autres subissent le même sort.

Une trame très classique, donc. Un héros, tout ce qu'il y a de plus traditionnel, qui est animé par un désir superficiel que l'on nous présente comme une tare majeure. Le vilain de l'intrigue est, par ailleurs, ce que l'on attend d'un bon scientifique, burné comme un catcheur disposant d'un Master en sciences acheté sur Cdiscount. Celui-ci aura la bonne idée de kidnapper la princesse du héros pour l'obliger à… À faire des trucs, puisque visiblement il n'y avait pas vraiment de plan là-dessous, pour finalement lui avouer l'inavouable, Deadpool restera moche, mais il baisera quand même après avoir fumé le méchant.

C'était long, beaucoup trop pour un scénario qui n'intéressait visiblement pas les protagonistes du film, celui-ci étant intégralement centré sur l'humour noir de Deadpool. Ainsi, en lieu et place d'un film de superhéros vous regarderez un spectacle humoristique avec Deadpool en vedette vous ressortant l'intégralité des blagues vues et revues de la cour de récré since 1990, Twitter en plus. Le reste de l'intrigue tenant (véritablement, pour cette fois) sur un quart de timbre-poste. Ryan Reynolds portant à lui seul l'intégralité du film. Non content de ne développer à aucun moment son background, le film passera souvent à côté de son sujet.

C'est que Deadpool, en vrais du faux, ce n'est pas vraiment un mec cool. Là où le film nous donne finalement la copie conforme du héros avec une quête de héros que l'on peut retrouver dans un bon milliard de films de héros. Finalement, l'histoire de Deadpool c'est quoi ? Il pensait guérir du cancer, mais il s'est fait rouler dans la farine par un méchant ? Il chope des pouvoirs, mais il n'est pas beau ? Il veut guérir de la mocheté, mais le méchant n'est pas d'accord ? Le méchant kidnappe la copine du héros ? Le héros défonce le méchant pour récupérer sa princesse, mais découvre que finalement, il restera moche ? Je ne suis même pas sûr que Canal + accepterait ce script pour une de leurs productions.

Parlons des blagues de Deadpool alors… OK, n'en parlons pas finalement. Juste… Putain… j'ai à peine souri, une fois dans le film. Alors que celui-ci nous bombarde quarante blagues PAR SECONDE ! Mathématiquement, c'est impossible de faire un aussi mauvais score, si l'ensemble reste une critique personnelle du bon goût (forcément), chacun trouvera chaussure à son pied, mais pour un film intégralement tourné sur ce concept, un seul sourire c'est presque du vol.

Le plus gros problème du film revient sans conteste aux mises en situation, celles-ci sont tellement caricaturées et sans intérêt que l'antihéros se retrouve finalement bien à sa place de héros, alors que cela devrait être tout le contraire. Dans un film de ce genre, l'on s'attend à voir des situations graves au premier degré, pour faire ressortir le contraste avec un Deadpool forcément au 8e sous-sol. Ici non, le film est exactement ce que Deadpool est, une suite ininterrompue de situations survolées et de blagues visuelles. Résultat, Deadpool n'arrive jamais vraiment à ressortir du tableau, forcé d'enchainer les sketches pour exister dans un gag-movie qui aurait gagné, pour une fois, à garder l'accent sérieux des productions cinématographiques Marvel. Pour une fois qu'il fallait le faire, ils ne l'ont pas fait et ça fait chier parce que Ryan Reynolds, sans être un incontournable des planches, réussit passablement bien à jouer un personnage plutôt complexe, avec ce qu'il faut en mimiques pour nous donner envie de voir la suite.

Du côté de l'image, nous avons le droit à tout ce qu'il se fait de mieux en matière de discount, avec des effets spéciaux ressortis du placard, une lumière qui brille trop, mais pour une fois, les scènes durent plus de 3 secondes et demie. Un miracle à souligner. Si l'ensemble se laisse regarder, sans problème, aucun effet Waoou en ligne de mire et des combats quelconques sans enjeux, malheureusement. L'arène de fin sera un gentil clin d'œil à vous perforer le globe oculaire avec un pylône EDF, on se demande bien ce que l'engin fait là et visiblement, personne ne le sait. Mention spéciale aux ralenties qu'on avait plus vues depuis Matrix, merci les mecs, la nostalgie c'est important.

Si Deadpool avait été un film, il aurait surement fait un bide, mais comme One Man Show, il se laisse regarder avec quelques passages amusants sans être vraiment outrancier. Très superficiel sur la forme et quasiment inexistant sur le fond, Deadpool est un amuse-gueule sympathique qui ne brille malheureusement pas pour son scénario ou ses personnages survolés.


Ambiance

​5/10

Scénario

​3/10

Jeux d'acteurs

​5/10

Réalisation

5/10

Photographie

​4/10

Effets spéciaux

​5/10

Cinéma

    • au cinéma
  • personne
  • HC complexe
  • Non
  • c
  • ...

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