Critique de X-men : Apocalypse

Nous voilà aux termes de cette prélogie, conclut de la main même de celui qui avait commencé l'aventure. Censé recoller les morceaux d'une trilogie bousculée par tous ces déplacements temporels, ce X-men semble vouloir copier à la lettre les idées déjà usées et essorées des autres grosses productions de superhéros. Le cavalier des overdoses est en approche.

Attention, je spoil sur quasiment toute la critique. Si vous n'avez pas vu le film, ne lisez pas ce qui suit, ou reportez-vous au paragraphe de fin qui résume l'opinion globale. 


La taille compte

L'histoire prend place en 1983, aux heures sombres des quiproquos et des concours de pénis atomiques où les deux super puissances se regardent avec passion. Cette époque riche en déficiences cognitives est une mine d'or pour quiconque souhaite bousculer des cocotiers, mais Bryan et sa clique ne souhaitent pas vraiment creuser le sujet.

Chez la concurrence, les films de super héros font intervenir des super méchants encore plus puissants qui n'ont pas besoin de justification pour détruire l'humanité, d'ailleurs, les gentils n'en ont pas besoin eux non plus, il faut juste qu'ils se rentrent tous dedans en même temps pour faire des heureux parmi la production.

L'on est donc introduit à un égyptien de l'ancien temps, égocentrique et blindé de super pouvoirs qui lui permettent de prendre possession de ses victimes afin de vivre éternellement pour faire des trucs qui, visiblement, n'intéressent personne. Ce dernier se fait trahir par des humains qui décident de l'enterrer vivant pour arrêter un règne de terreur qu'on imagine sans peine tant le concept a été usé. 

Comme d'habitude, les merdes que l'on enterre nous reviennent toujours à la figure, le voilà donc de retour pour exterminer une humanité qui a trop prospéré à son goût et régner en maître sur les quelques esclaves qui auront survécu. Une trame de base intéressante orientant les mutants vers le statut de dieu, qui souffre malheureusement d'une construction bien trop survolée pour pouvoir tenir le film qui semble n'en avoir rien à foutre.

Pendant ce temps en Pologne, Magnéto s'est trouvé une petite famille d'accueil dans ce qui semble être une copie conforme d'une ancienne vie de Wolverine Origins, et passe des jours heureux en compagnie de sa fille et de sa femme avec un petit boulot tranquille dans la métallurgie. Comme les clichés n'arrivent jamais par deux, il décide de sauver l'un de ses collègues de boulot en usant de son pouvoir, mais finit par être dénoncé aux flics polonais qui tuent accidentellement sa famille.

Pour se venger, il se met alors au service du pharaon afin d'anéantir l'humanité parce qu'il a un gros chagrin, mais il sera de nouveau frappé par le pouvoir de l'amitié en toute fin de film, ce qui lui permettra de sauver ses amis. Il faudrait qu'il se décide un jour le bipolaire. Du côté des gentils, c'est le festival du Teen-Movie bancal avec toute la crème des images que se font les adultes du monde des ados. Ces jeunes du manoir décident de se lier et de sauver le monde en acceptant de côtoyer la mort, le sang, la guerre sans aucune peur et ne doutent pas de leurs capacités qui semblent ici leur ôter tous sens des réalités.

J'ai tendance à être plutôt modéré dans la critique sur les scénarios des films Marvel, car je considère que dresser un plan de table avec autant d'invités est une tâche difficile et que l'on se doit d'être tolérant avec le taulier. Pourtant, cette fois-ci, la difficulté réside dans la recherche d'excuses pour un scénario qui est au niveau zéro en matière de créativité. Le pitch rachitique de départ sera étiré jusqu'à une conclusion bâclée et incohérente pour un bilan décevant. Loin d'avoir l'intelligence du contexte pour afficher des enjeux intéressants, l'histoire est une suite de gros clichés, complètement déconnectée du reste avec un enjeu digne d'un épisode de Captain Planète.

Pourquoi un gros méchant, qui semble pouvoir tuer n'importe qui par la pensée en une fraction de seconde, a-t-il besoin d'une bande de ploucs pour arriver à ses fins ? Pourquoi se sent-il obligé d'utiliser le professeur afin d'avertir le monde de sa destruction imminente ? Pourquoi n'utilise-t-il pas le professeur pour tuer un maximum de monde alors que lui-même se considère comme le parfait palliatif au Cerebro ? Pourquoi largue-t-il les têtes nucléaires dans l'espace ? Pourquoi Phenix est-elle gentille ? Pourquoi la femme de Magneto se sert-elle de sa fille comme d'un bouclier humain ? Comment les trois gamins s'évadent-ils de la prison magnétique de Stryker ? L'a-t-il arrêté ? Fallait-il changer la multiprise ? Comment le collégien a-t-il fait pour survivre au rayon de cyclope ? La porte des chiottes était-elle en Adamantium ? Autant de questions qui vous sortent du film sans crier gare.


Les yeux du Cyclope

Le précédent volet ne m'avait pas plus inspiré, car il brassait un thème de voyage temporel que je considère comme une facilité scénaristique trop souvent employée pour justifier tout et n'importe quoi. La plupart des scénaristes se succédant, n'ayant pas vraiment l'intention de creuser le sujet, mais préférant user de ce prétexte pour justifier des incohérences grosses comme une représentation de parties génitales vue par son sujet masculin.

Ce X-men décide de poursuivre la blague sur quasiment toute sa durée en enchaînant des bourdes feignantes pour des scènes qui tombent comme une perruque dans la soupe tiède. Pour faire simple, vous pouvez transposer le scénario de ce X-men sur n'importe quelle autre des productions Marvel sans que cela choque quelqu'un, tout comme vous pouvez totalement le supprimer de l'univers, car la seule chose qu'il vous apprend finalement c'est où sont partis les cheveux du professeur. Une bien maigre consolation qui se paie le luxe d'être tirée par les cheveux, sans mauvais jeu de mots.

On pourrait se contenter des personnages et de leur background fort de plusieurs dizaines de médias pour étoffer l'histoire, mais même ici, X-men Apocalypse ne vous apprendra rien de plus. Aucun personnage n'est développé, aucune psychologie torturée (Magneto est un cas d'école), aucune révélation, aucun dilemme moral, une platitude absolue. Le film utilise la facilité et le vite torchés avec des thèmes qui sont utilisés sur toutes les autres productions Marvel de ces dix dernières années.

Des copiés-collés qui nous poussent à nous demander si Marvel ne se fout pas un peu de notre gueule, et je pense sincèrement que c'est le cas. On était en droit d'attendre quelque chose de mieux que cette ratatouille, l'univers de Marvel ne manque pas de Comics et de personnages mythiques à utiliser et je trouve dommage qu'avec un si grand potentiel ils en soient restés à une histoire aussi fade.

La photographie et les effets spéciaux sont corrects, mais souffrent d'un effet d'habitude qu'il est difficile de supporter, comme si tout avait été vu ailleurs. Si Civil War usait intelligemment des capacités propres à chaque super héros pour donner des combinaisons agréables à découvrir, X-men Apocalypse, avec un univers bien plus enclin à offrir ce genre de chose, n'en donne pratiquement pas.

L'on se contente d'assister à une déferlante d'effets kitch dont certains ont même directement été repompés sur le précédent volet, telle la prestation de Quicksilver qui donne les 3 minutes indispensables du film.

L'image est surchargée par un fond vert bien trop envahissant, rendant l'image floue et pas très agréable à regarder. Si la caméra sait se poser quelques secondes pour nous laisser le temps de nous situer, les angles sont choisis n'importe comment et les plans cadrés par un cochon d'Inde péruvien rendent le tout assez plat sans être catastrophiques.

La couleur est par ailleurs décevante avec des teintes trop violentes qui agressent les yeux ou trop lisse pour un rendu semblable à celui des premiers X-men avec une cohérence d'ensemble vraiment bâtarde. Le design tente d'apporter une touche 80, mais c'est un ratage total avec des tétrachiées d'anachronismes et autres facilitées visuelles qui n'arrivent jamais à immerger le spectateur dans cette époque. Son prédécesseur avait au moins le mérite d'arriver à nous en donner l'illusion.

Les acteurs n'arrivent malheureusement pas à sauver ce film de la noyade, malgré leur prestation inspirée pour certains et inexistante pour d'autres, ils se contentent d'essayer sans jamais y arriver. Comment peut-on leur en vouloir, on ne leur a laissé qu'une feuille de sopalin vierge et une canette de 7up usagée pour se débrouiller.

Si James McAvoy, Michael Fasbender et Jenifer Lawrence sortent clairement du lot, le reste du cast se contente de suivre difficilement avec des répliques souvent à côté de la plaque et une volonté proche du décès. L'apparition de Hugh Jackman est à l'image du reste, un cachet bien dépensé pour sauver un film qui a déjà traversé la limite acceptable.


Ambiance30%
Scénario0%
Jeu d'acteurs40%
Réalisation40%
Photographie20%
Effets Spéciaux40%

Cinéma

    • au cinéma
  • un cinéphile
  • HC complexe
  • Non
  • e
  • -

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Commentaires

MBikini le mardi 31 mai 2016 06:18

Tu vas pas te faire d’amis avec ça :)

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Tu vas pas te faire d’amis avec ça :)
Kadrik Vergues le vendredi 3 juin 2016 15:11

Ce n’est qu’une opinion ;)

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Ce n’est qu’une opinion ;)

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