Nintendo Switch, la portable qui ne dit pas son nom

Nintendo a enfin officialisé le nom définitif et les grandes lignes des fonctionnalités de sa nouvelle console, anciennement connut sous le code NX, l'attente fut pourtant longue. C'est le 17 mars 2015 que Satoru Iwata annonçait l'arrivée prochaine de cette nouvelle machine, au détour d'un partenariat avec DeNA, un géant japonais du software mobile. Les plus folles rumeurs entouraient alors la machine, de l'OS Android intégré au hardware surpuissant, il était difficile de savoir sur quel pied danser avec un Nintendo habitué à l'excentricité.

En avril de cette année, sans surprises, Nintendo officialise le prochain Zelda sur sa nouvelle machine, "Breath of the Wild" devrait alors faire le pont entre une WiiU abandonnée et la console du renouveau. Les développeurs tiers ayant reçu des Kits de développements parlent alors d'une version hybride entre portable et salon, le mystère se dissipe peu à peu. Continuant d'alimenter les fantasmes, la rumeur enfle sur un probable report de la sortie à 2017, suite à des désaccords dans la firme de Kyoto.

The Pokémon Company annonçait en septembre que Nintendo tentait de définir correctement la machine, le froid commençait à s'installer et beaucoup de monde s'impatientait, la console serait-elle annoncée début 2017 ?

Finalement, c'est le 20 octobre que Nintendo décide de dévoiler sa nouvelle machine via un NDirect. Il s'agit alors d'un aperçu destiné à confirmer la position de la machine, autant auprès du public que des actionnaires, d'autres informations plus précises étant programmées pour plus tard.

La conférence a donc eu lieu ce vendredi 13 janvier avec un événement 1-2 dans la foulée pour tâter de la bête et connaître le lineup de lancement.

Les rumeurs sont ainsi fondées, la Nintendo Switch se présente bel et bien comme une machine hybride capable de s'installer confortablement dans le salon ou de suivre le joueur dans ses trajets. La courte vidéo de présentation semble cibler un public plus précis, moins familial et donne quelques exemples sur la façon dont la machine pourrait être utilisée.


La Nintendo Switch est composée de plusieurs parties destinées à gérer cette modularité. (Images Gamespot)

La tablette :
Le cœur de la console, c'est là que se trouve le hardware qui permettra l'affichage des jeux sur son propre écran ou sur un téléviseur. Ayant l'apparence d'une tablette traditionnelle avec un écran assez imposant et un peu d'embonpoint pour contenir la puissance de ses ambitions, la machine est équipée d'une puce Tegra de Nvidia. Une surprise alors que beaucoup voyaient AMD retenue pour équiper le nouveau bébé de Nintendo.

Rien n'a encore filtré sur les caractéristiques précises de cette nouvelle puce que l'on dit « personnalisée » spécialement pour la Switch. On imagine difficilement la console s'aligner en face des futurs PS4pro et Xbox Scorpio.

Le refroidissement ayant une part de place non négligeable dans la conception, la miniaturisation des machines portable, tels les laptops et autres tablettes, contraint les constructeurs à limiter d'autant la puissance brute de ces machines, la capacité en alimentation venant enfoncer le clou afin d'accéder à la portabilité. On n'est tout de même pas à l'abri d'une surprise, mais il serait étonnant que Nintendo se place en concurrence directe de Sony et Microsoft.

L'autonomie a été dévoilée via un exemple, elle permettra de jouer en mode nomade pendant 3 heures en moyenne avec Zelda: Breath of the Wild. Nintendo a par ailleurs confirmé que sa nouvelle console ne serait pas zonée.

Les Joy-Con :
Deux petites manettes sans fil qui se glissent de chaque côté de la tablette en mode nomade afin d'offrir des contrôles de jeu physique. Ces extensions peuvent être utilisées séparément ou assemblées via un connecteur, le Grip, lorsque la machine est branchée à une TV afin d'offrir un confort similaire aux contrôleurs traditionnels.

Bien que l'idée soit intéressante, les premiers visuels de ce « Grip » laissent transparaître un contrôleur assez massif, peu élégant et possiblement pénible à tenir en main, il faudra toutefois se faire une idée par la suite une fois la console installé dans les chaumières. Il faut aussi noter que Nintendo a prévu un contrôleur « Pro » dans un esprit plus traditionnel, ce qui confirmerait l'idée que Nintendo ait trouvé à redire sur la praticité de l'engin une fois assemblé.

Les Joy-Con seront proposés pour 55€ pièce ou 90€ la paire et le contrôleur pro sera disponible à 80€. Les premiers retours sur les Joy-Con  confirment la prise en main difficile avec le stick droit qui a tendance à faire facilement buter le pouce contre les boutons juste au-dessus. Plus généralement, c'est la taille trop petite des touches qui est souvent citée comme problématique. Le contrôleur pro quant à lui propose un rendu assez frileux "chip" avec un plastique qui sonne creux et des sticks un peu léger.

Le socle :
Une station sensée accueillir la machine à côté du téléviseur. Les rumeurs parlaient alors d'une possible carte graphique intégrée au socle afin de booster les performances de la tablette afin de convenir aux standards d'affichage élevés sur ce type d'écran. Il n'en est rien, la tablette prenant en charge l'intégralité des besoins, le socle servant juste de chargeur et de connecteur TV pour la tablette et de support élégant lorsqu'elle est positionnée devant un canapé.

La machine dispose de deux modes de fonctionnement. Elle propose une pleine puissance lorsqu'elle se trouve dans son socle et réduite en mode nomade afin de préserver la batterie. Les premiers retours ne dénotent toutefois pas de grosses différences graphiques sur les premiers jeux testés lors de l’événement 1-2 si ce n'est un peu moins d'aliasing sur la tablette dû au petit format de l'écran.

Une semi-déception, l'idée aurait été probablement innovante sur le plan technique, ouvrant de nouvelles possibilités d'upgrade pour les machines de salon avec des cartes graphiques changeables à la volé.

Le socle pourra être acheté séparément au prix de 100$.

La console revient aux fondamentaux en supportant les jeux au format cartouche, ce qui semble couler sous le sens, les avancées technologiques actuelles ayant données un très net avantage à ce support de stockage face aux Blue-Ray, notamment sur les coûts de production. Reste à savoir si le potentiel du support sera complètement exploité. Longtemps fantasmée, la rétrocompatibilité avec la 3DS ne sera finalement pas assurée, ce qui jette tout de même un froid dans la salle.

On peut imaginer un souci de compatibilité hardware, mais même là, les excuses ne sont pas nombreuses. Si la compatibilité avec la WiiU est évidemment écartée du fait de l'utilisation des disques, la 3DS figurait pourtant en bonne place pour être remplacée.

Nintendo ayant catégoriquement défini sa console comme une machine de salon, on imagine Nintendo frileux à l'idée de mettre la 3DS sur la touche, elle qui représente tout de même un marché toujours actif, les deux machines semblent être là pour se compléter. On comprend mieux le report de Nintendo afin qu'ils puissent définir correctement la machine, il est en effet difficile de la situer dans le parc actuel.

Nintendo nous présente les vieillissants Skyrim et NBA 2K, en plein-jeu, ce qui laisse présager de son retour dans le segment tiers.

Skyrim est bien confirmé sur la nouvelle console de Nintendo. Bethesda rappelle qu'il ne s'agira pas du seul jeu développé sur la machine avec des spécificités à venir. EA s'est illustré pendant la conférence du 13 janvier avec l'annonce du retour de FIFA dans le catalogue de la machine.


La sortie sera néanmoins très légère en jeux, la plupart de ceux montrés pendant la présentation du lineup sont prévus dans le courant de cette année, tels que Splatoon 2 (milieu d'année), Super Mario Odyssey (fin d'année), Xenoblade 2 (sans date), et Arms (un nouveau cartoon compétitif de boxe usant des gyroscopes du Joy-Con, printemps) pour les plus palpables. La petite dernière pourra néanmoins compter sur l'appui de Zelda: Breath of the Wild pour son lancement.

Pour les annonces nébuleuses, nous avons été plus ou moins gâtés. Un nouveau Shin Megami Tensei fait assurément partie des bonnes nouvelles accompagnées d'un Warriors dans l'univers de Fire Emblem. Pour le reste il s'agit de promesses de développements plus ou moins avancés avec des titres déjà disponibles chez la concurrence ou sur WIIU.

On espère que la tendance sera contagieuse, malgré le panneau présentant la liste des nombreux éditeurs tiers approchés par Nintendo, on ne peut s'empêcher d'être méfiant, le passé faisant figure d'avertissement.

Enfin, Nintendo a confirmé le soutien des Amiibo sur sa nouvelle machine, le contraire aurait été étonnant pour une fonctionnalité phare de la firme.

Le Online ne sera désormais plus gratuit et il faudra consentir à lâcher quelques deniers dont je ne connais pas encore la somme exacte. La Switch sortira des cartons de votre enseigne préférée le 3 mars prochain au prix de 300$ et certains revendeurs ont apparemment déjà fixé leur tarif à 330€ dans nos contrées.

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